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L'appel

       Il n'est pas encore passé midi et je me demande encore quoi faire de ma journée. J'ai les paupières lourdes qui tombent sans me demandé mon avis et mon corps n'est plus capable de reproduire les mouvements que j'essaie de lui commander. Je dois avouer que la soirée de hier était la meilleure que j'ai connue. Qu'est-ce qu'il a de mieux qu'une bonne soirée inoubliable de jambes en l'air a se raqué le dos et s'épuisé le sexe jusqu'à se qu'il devienne une petite quéquette à peine capable de supporter la pression du va-et-vien.

       En effet, des potes et moi sommes allés pour la première fois se payés quelques prostitués pour la soirée. À vrai dire je n'avais jamais eu de relation sexuelle avec plus d'une personne à la fois, mais hier, pour trois, nous en avions dégotés cinq. Évidement deux pour moi. Mais ce matin, il n'y a pas que cette soirée qui me chicote dans la tête, il y a aussi que je dois trouver une manière de rembourser ce type, Sylvain, que j'ai rencontré quelques jours plus tôt. Ce n'est vraiment pas gratuit ce type de service, à 200 dollars la fille, je peux vous avouez que ça nous a couté une petite beurré.

       Décidant d'arrêter légèrement de penser à cette aventure, je me lève, mets mes joggings, va à la cuisine et me fais un café.
       Le téléphone sonne. Sursauttant face à cette interruption spontannée et alarmante de mon petit matin je renverse du café et me brûle la main. Je prend le téléphone et répond.
       << Oui allo!
    -   Salut l'obsédé, me répond d'une voix aggressante mon interlocuteur au bout du fil.
    -   Obsédé? Vous en avez du culot pour m'appeler et me déclarer ça.
    -   Écoute, tu t'apelle Karl pas vrai? me dit-il avec toujours le même ton.
    -   Ouais, C'est moi. Qu'est ce que tu me veux sale blasfemateur.
    -   Surveille ton language le jeune, du monde j'en ai vu de toute sorte et il n'ont pas tenus        longtemps face à ma gueule de fendant. C'est juste pour te rappeler que les deux filles de hier        avec lesquelles tu t'es faites aller le bassin, y faudrait maintenant me les dédommager, tu        penses pas?
    -   De quoi tu parles et comment t'as eu mon numéro?>>

       Je commences peu à peu à me demander de quoi parle ce gaillard. C'est certainement le boss de ces salopes. Qu'avaient-elles raconter a mon sujet? J'espère ne pas trop m'être mis les pieds dans les plats pour une histoire du genre.
       << C'est pas ça l'important p'tit gars. Tu me dois clairement plus que ce que tu peux        penser.TU ME DOIS DEUX PUTES ET AU MOINS DIX MILLE PIASSES MON        GARS! me cria t'il au bout du fil.
    -   Je te dois quoi? Mais qu'est ce que tu racontes on les a payés tes filles et elles ne valaient pas        dix mille dollars.
    -   Je t'explique plus clairement, il se calma la gorge un peu et continuis. Vous étiez, toi et tes        copains, les derniers à les avoir baiser et après elles ne sont pas revenues. C'était le début de        leur chiffre. Il y avait d'autres clients qui attendaient pour elles. Dit moi tu les a foutus dans ton        congélateur en petites pièces ou elles sont encore baillonnées dans ton sous-sol? >>

       Sous l'incompréhension, je lui raccroche la ligne au nez. Je me prend les cheveux et je tire. Que vient-il de ce passer? Ce type est fou, il m'accuse d'avoir tuer et torturer ses prostitués ou quoi? C'est le comble, je n'y comprend rien. En plus, il veux que je lui remette dix mille dollars! Mais ce n'est pas possible! Qu'est-ce que c'est que ce merdier? Il ne va pas tarder à rappeler.

       J'attend, mais il ne rappelle pas. Ça fait plus de 5 minutes, 10 minutes, 15 minutes et il n'a toujours pas rappeler. Il doit se pointer ici, car s'il a mon numéro il doit aussi avoir mon adresse. Merde, merde, merde! Je ne dois pas rester ici. J'ai le sentiment que je doit partir. Pourquoi je me suis lever? Pire encore, pourquoi j'ai répondu à cet appel? Je me sens désemparer de moi-même. Tout ne tourne plus rond, tout ne tourne plus du tout, j'ai la nausée, je crois que je vais dégopillé. Si ce type se pointe chez-moi il me fera la peau à coût sûr, mais si je m'en vais je ne pourrai pas revenir avant longtemps. Et s'il entrait dans ma maison et me volai tout ce que j'ai ce n'est pas mieux. Putain, je ne les ai pas tué ses salopes. Ça ne se fait pas baiser une soirée sans avoir moins que la plus grosse des merdes au cul?
       Je me presse de tourner en rond dans mon salon et de remédier à cette situaton le plus rapidement possible. Je me dois de reprendre mon souffle et de relaxer un peu. Je me dit que ce n'est qu'un mauvais farceur : ses prostitués sont chez lui, il veut me faire croire qu'elles ne sont plus, simplement pour me prendre de l'argent ou je ne sais pas, mais ce n'est pas possible qu'il se pointe ici dans le but de me défigurer ou de me casser les deux jambes. Non ce n'est pas possible!
       À cette pensée, quelqu'un cogne à la porte. Je me redresse et deviens blanc comme un drap en moins de deux secondes. On recogne plus brutalement encore que la première fois, mais se n'est rien comparé à mon coeur qui s'occupe de marteler ma poitrine à coup de masse. Je n'ose même pas regarder par la fenêtre pour savoir de qui il s'agit. Peu importe, parce qu'au même moment la voix du mec en question me fracasse les tympans, même à travers du mur de la maison.
       << Ouvre, sinon je ne me gènerai pas. >>
       Ne savant plus comment réagir, je fais de l'homme que je suis sensé être le plus peureux des fifons et je me cache dans le débarat sous l'escalier.
       CRASHH!!
       Il a enfoncé ma porte.Je vois sa silouhette par la craque de la porte. Il marche tout droit sans regarder autour s'il y a quelqu'un.Il a l'air de connaître ma maison. Il passe à coté de moi en allant vers le salon. J'entend ses pas aller tout droit vers la cuisine. Ma respiration acérente ne s'adoucit pas. La porte du frigo s'ouvre et un son de verre qui frappe s'en échappe.Je suis certain qu'il m'a entendu respirer, car il revient vers moi. Maintenent ma pression artérielle augmente tellement que je l'impression que je vais suffoquer et m'évanouir. Il m'entend respirer et je le sais.Quelques secondes interminables passent. Il me parle finalement.
       << Aller Karl! T'as fini de faire la mauviette ce n'était rien qu'une blague. >>
       Non! C'est vraiment la voix de Sylvain! Lui, qui aurai manigancer cette magouille? Et moi qui tombe dedans comme un imbécile me fessant du souci pour ma propre vie. J'ouvre la porte et lui répond:
       << C'est toi qui avait tout arrangé pour me donner la frousse espèce de crétin? T'a pas songer à quel point j'aurai pus crever d'une crise de coeur? Lui dis-je en bégaillant.
    -   Calme toi mec se n'était qu'un gag comique, me dit-il en riant. Ç'a vallu la peine en tout cas! Je suis venu te dire que t'auras pas besoin de me rembourser de sitôt; je prend des vacances et je ne serai pas de retour avant quelques temps.
    -   Tu me chamboulle simplement pour ça?
    -   Ouais et je dois y aller je suis presser, alors fait attention à toi et désolé pour l'appel et la porte n'est pas réellement défoncée en passant. Tiens repose toi dans le salon, il m'amena jusque sur le canapé sur lequel je m'étendis. Au revoir.
    -   Salut et bonne vacances. >>

       Sur ce il parti, plus discrètement qu'il était rentré. Je le connais à peine ce Sylvain et déjà il a le don pour me foutre les jetons.
       Repensant à toute cette aventure, je reste allongé sur le sofa espérant garder une petite leçon.Je pense à quel point j'avais peur lorsque j'étais sous l'escalier. Mais quel con! J'aurai pu au moins aller chercher ma batte de baseball au lieu de faire la poule. Je n'en reviendrai sûrement jamais. Je crois que cela restera ma seule expérience avec des putes de trottoir.        Au fait, pourquoi était-il aller ouvrir le frigo? Et quelles bouteilles de verres avait cognées ensembles? Ce ne peut pas être de la bière; je n'en ai plus. Je vais voir. J'ouvre le frigo et ce que j'y voit me frigorifie de terreur : ce débile avait mis les deux têtes des prostituées dans un grand bocal de verre et me les avait laissées. Je m'évanouis avant même de tomber sur le sol, trop absorbé par la dégueulasserie qu'est cette froideur.
Gabriel Séguin De Garie